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Histoire et évolution de la Mustang : des origines à la génération Fox

Eloha 24 avr. 2026 6 min de lecture
Histoire et évolution de la Mustang : des origines à la génération Fox

Le 17 avril 1964, Ford lançait une voiture qui allait changer l'histoire de l'automobile américaine. Dès le premier jour, 22 000 unités trouvaient preneur. Pas mal pour un modèle que personne ne connaissait encore la veille.

Des origines de la Mustang à son succès foudroyant

Tout commence avec Lee Iacocca, alors directeur général de Ford. Son idée ? Présenter une petite sportive accessible aux jeunes du baby-boom américain. Il s'inspire directement du carton de la Coccinelle de Volkswagen en Europe — une voiture simple, abordable, identifiable au premier coup d'œil. Le pari est audacieux, et il paye au-delà de toute prévision.

Avant le modèle de série, un prototype intéressant voit le jour : le Mustang I. Ce roadster deux places à moteur central pèse seulement 700 kg et développe 109 chevaux grâce à un V4 de 1,5 litres. Le 7 octobre 1962, le pilote Dan Gurney le présente sur le circuit de Watkins Glen. Résultat ? Il boucle le tour avec seulement quelques secondes de retard sur les Formule 1 de l'époque. Un sacré avant-goût.

La Mustang de série débarque en trois carrosseries : coupé, cabriolet et fastback (ce dernier apparaissant en septembre 1964). Côté moteurs, le 6 cylindres en ligne de 2,8 L est de série, avec des V8 de 4,3 L ou 4,7 L en option. Le logo est une rupture franche avec le reste de la gamme Ford : un mustang au galop remplace l'ovale bleu habituel. En Allemagne, petite anecdote cocasse : le nom « Mustang » était déjà déposé. Ford a dû retirer tous les emblèmes et rebaptiser le modèle T-5 sur ce marché.

Après 12 mois, 417 000 exemplaires étaient produits. Dès 1966, la barre du million d'unités était franchie. Sur l'ensemble de la première génération (1964-1973), 2 978 372 Mustang sortent des chaînes. Carroll Shelby entre alors en scène et prépare des versions qui font encore rêver aujourd'hui — la GT 350 avec son V8 289 ci de 306 chevaux en 1965, puis la GT 500 dotée d'un V8 428 ci de 355 chevaux en 1967. Les Boss 302 et Boss 429 complètent le tableau. En 1971, la carrosserie atteint son apogée visuelle avec des lignes plus anguleuses et musclées.

La Mustang II et la plateforme Fox : deux réponses à leur époque

La crise pétrolière de 1973 change tout. Ford réagit avec la Mustang II (1974-1978), basée sur la plateforme Ford Pinto. Le modèle maigrit sérieusement : un 4 cylindres 2,3 L de seulement 89 chevaux, ou un V6 2,8 L de 100 chevaux. Un écart brutal avec les Boss et Shelby de la décennie précédente.

Le V8 5 L revient en 1975 à 130 chevaux, progressant jusqu'à 141 chevaux en 1977. Ce n'est pas la gloire, mais ça rassure les fidèles. Malgré ses détracteurs, la Mustang II se vend correctement : 1 107 718 exemplaires sur quatre ans. Preuve que le nom seul portait encore.

En 1979 démarre la génération Fox Body (1979-1993), celle qui nous intéresse particulièrement ici. Le design est confié à Jack Telnack, chef designer, qui doit composer avec les exigences d'Henry Ford II — ce dernier imposant notamment une face avant verticale, ce qui crée quelques frictions créatives. Trois équipes travaillent sur le projet, dont une au studio Ghia en Italie. Le résultat : une calandre allongée, des phares à quadruple faisceau scellé, des lignes résolument modernes pour l'époque.

Voici les principales motorisations disponibles au lancement de la Fox Body en 1979 :

  • L4 2,3 L Turbo — 130 chevaux
  • V6 2,8 L Cologne — 110 chevaux (remplacé en cours d'année par un L6 3,3 L de 95 ch)
  • V8 5 L — 140 chevaux

La progression est ensuite régulière et réjouissante pour les amateurs de gros blocs :

Année Modèle Puissance
1982 Mustang GT — V8 5 L H.O. 157 ch
1986 Passage à l'injection
1987 Face-lift + V8 revu 225 ch
1993 SVT Cobra 235 ch

En 1987, le face-lift redessine à la fois la proue et la poupe. La Fox Body devient musclée, cohérente, presque définitive. La SVT Cobra de 1993 clôture cette génération en beauté avec ses 235 chevaux. Entre 1964 et août 2020, la Mustang franchit le cap des 10 millions d'exemplaires vendus dans le monde — un chiffre qui dit long.

Quand la Mustang s'invite au cinéma et sur les routes françaises

La Mustang ne roule pas que sur les circuits. Elle squatte les écrans depuis soixante ans — environ 500 films depuis 1964. La plus iconique des apparitions reste celle de Steve McQueen dans Bullitt (1968), au volant d'une GT 390 Fastback verte. Cette voiture précise a été vendue 3,7 millions de dollars le 14 janvier 2020. Une belle somme pour une caisse de film.

Côté France, la Mustang est là dès les premières semaines. La voiture du Gendarme de Saint-Tropez (1964) de Jean Girault porte le numéro de série 100145 — la 145e Mustang sortie d'usine, le 5 mars 1964 à Dearborn. C'est la première apparition mondiale de la Mustang au cinéma. Claude Lelouch la glisse également dans Un homme et une femme en 1966.

Johnny Hallyday, lui, choisit le volant plutôt que la scène en janvier 1967 — il s'aligne au Rallye Monte-Carlo depuis Reims avec son co-pilote Henry Chemin. Ils terminent 39e sur 119 participants, avant une disqualification pour problème de pneumatiques.

Pourtant, la Mustang peine à s'imposer durablement en Europe. En France, les ventes de la sixième génération chutent de 46,2 % en 2017, avec seulement 942 ventes sur l'année. Le malus écologique français étouffe littéralement un moteur conçu pour l'autoroute américaine. Si vous envisagez un jour d'importer une Fox Body sur notre territoire, renseignez-vous bien sur les taxes avant de signer — croyez-en l'expérience des passionnés qui s'y sont frottés.

Pourquoi la Fox Body mérite votre attention aujourd'hui

La Fox Body reste aujourd'hui l'une des Mustang les plus accessibles à l'achat, à la restauration et à la préparation. Sa plateforme simple, sa mécanique bien documentée et la disponibilité de pièces en font un terrain de jeu idéal pour qui aime mettre les mains dans le cambouis. Les cotes restent raisonnables comparées aux premières générations — comptez entre 8 000 et 25 000 euros pour un exemplaire correct, selon l'état et la motorisation.

Contrairement à une Shelby hors de prix ou à une première génération muséifiée, la Fox Body se conduit, se modifie et s'entretient sans se ruiner. Les communautés de propriétaires sont actives, les forums techniques fournis, les pièces disponibles. C'est le point d'entrée parfait dans l'univers Mustang pour un passionné qui veut une vraie expérience mécanique, pas juste une voiture à regarder dans un garage.

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